Excellence logistique agricole et agriculture durable

La logistique agricole, c’est surtout du transport, et donc, des camions sur les routes. En quoi peut-elle être « durable » ? Pourquoi le stockage des céréales à la ferme fait-il partie des axes majeurs du plan VIV’AVENIR en faveur de l’agriculture durable ? Réponses de Yohann Girod, Directeur du Territoire Ouest de VIVESCIA et responsable du projet Développement du stockage à la ferme.

Yohann Girod
Yohann
Girod
Directeur du Territoire Ouest de VIVESCIA et responsable du projet Développement du stockage à la ferme

Le stockage des grains à la ferme est favorable à une agriculture durable

Comment la logistique et le stockage des grains à la ferme peuvent-ils aider un agriculteur à développer une agriculture durable ?

L’agriculture durable chez VIVESCIA, c’est une agriculture qui permet à l’agriculteur d’exercer durablement son métier, notamment en améliorant ses revenus. La logistique est un levier de performance sur lequel nous avons prise (contrairement au climat ou aux cours mondiaux des matières premières par exemple). Nous voulons que cette logistique agricole soit rémunératrice pour tous. Pour cela, nous souhaitons limiter au maximum les étapes du transport des grains entre le champ et l’usine, synonymes de ruptures de charge coûteuses : limiter par exemple les stockages intermédiaires des céréales et les transports inter-silos qui nécessitent de charger et décharger plusieurs fois les grains. Ces manœuvres n’apportent pas de valeur ajoutée à l’agriculteur. Et elles peuvent être évitées grâce au stockage des grains à la ferme dont le bénéfice est double : à la fois économique et environnemental.
 

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Qu’est-ce que les transports inter-silos ? Tous les silos ne sont pas pareils ?

Non bien sûr ! Il y a les « silos de collecte » : au moment de la récolte, ce sont eux qui accueillent les grains qui viennent d’être récoltés. C’est là que l’agriculteur livre sa récolte de céréales. Et comme les moissons ont généralement lieu au même moment, cela génère souvent des files d’attentes lors de la livraison au silo, et parfois des engorgements quand le silo est plein. Il faut alors transporter les grains ailleurs vers un « silo expéditeur ». C’est un silo équipé pour faire des lots homogènes (en nature et en qualité) qui correspondent à la demande des clients en fonction leur utilisation (panification, viennoiseries, brasserie, biscuits apéritifs,…). De là, les grains sont ensuite chargés sur les camions, trains, péniches ou navires céréaliers qui iront vers l’acheteur final.

Vous parliez de bénéfices sur le plan économique pour l’agriculteur. Pouvez-vous préciser ?

Tout d’abord, en développant le stockage des céréales à la ferme, l’exploitant agricole gagne du temps : il n’assure que le transport des grains vers le silo expéditeur et s’affranchit des files d’attente au silo de collecte de céréales. C’est donc plus de souplesse dans la gestion de sa récolte, moins d’aller-retours sur le silo, et une totale autonomie pour récolter 7j/7, 24h/24 s’il le souhaite. Et il augmente aussi ses revenus puisque VIVESCIA soutient le stockage des céréales à la ferme par des primes qui varient en fonction de la durée de stockage. Par ailleurs, l’exploitant  peut mieux alloter sa récolte, et ainsi, mieux la valoriser. Au total.

Le stockage des céréales à la ferme nécessite des aménagements spécifiques. Cela a un coût. Tous les agriculteurs en ont-ils les moyens ?

Le stockage des céréales à la ferme est avant tout un investissement. Investissement que VIVESCIA soutient par les primes au stockage. Et c’est un investissement à géométrie variable : le bâtiment de stockage de céréales et les équipements agricoles sont calibrés en regard de la production et des projets de chaque agriculteur. Cet investissement peut être l’occasion de valoriser un ancien bâtiment, de moderniser l’exploitation et de la rendre plus performante. Certains choisissent aussi d’installer des panneaux solaires pour amortir le coût de l’aménagement. In fine, cet aménagement apporte de la valeur à l’exploitation elle-même, que l’agriculteur souhaite continuer de l’exploiter, de la céder à ses enfants ou à un tiers. En résumé, c’est un investissement qui comme tous les investissements appelle un retour sur investissement. Et cela se calcule.

Le stockage de céréales à la ferme ne s’improvise pas. Quel accompagnement proposez-vous aux agriculteurs qui se lancent dans cette démarche ? 

Dans un silo, on prend soin du grain : on le ventile, on surveille sa température… On veille à ce que sa qualité ne s’altère pas. Il doit en aller de même pour le stockage des grains à la ferme. C’est pourquoi nos conseillers sont aux côtés de l’agriculteur à toutes les étapes s’il le souhaite : évaluation et calibrage des besoins, choix du type de construction (cellule ou stockage à plat), choix des éclairages, des dispositifs de ventilation et de thermométrie pour suivre avec précision la température du grain, et  bien sûr, sensibilisation aux règles et bonnes pratiques de stockage. Il faut par exemple choisir des éclairages avec protection pour éviter les bris de verre en cas de casse, savoir gérer la baisse progressive de la température et respecter les paliers, maîtriser la pratique de l’échantillonnage, nettoyer en intersaison… Mais les agriculteurs connaissent bien leurs grains. Ils savent très bien en prendre soin ! 

fermer

Le stockage des grains à la ferme, ce sont les agriculteurs qui en parlent le mieux !

Avec le stockage à la ferme des céréales, je gagne en autonomie, en flexibilité, et je valorise mieux mes grains de céréales !

Historiquement, la famille a toujours fait du stockage de céréales à la ferme. J’étais donc acquis à l’idée. Quand j’ai repris l’exploitation il y a 3 ans, j’ai décidé de continuer dans cette démarche. Ceci est passé par la construction d’un nouveau bâtiment plus opérationnel : une partie est consacrée au stockage de céréales. Mais il regroupe aussi l’atelier, le local phytos, le local technique, et mon bureau.

Les conseillers VIVESCIA m’ont aidé à concevoir ce bâtiment, et ce qui va autour… C’est le cas par exemple de la plate-forme de lavage-remplissage pour les produits phytos. Ils ont veillé au respect de toutes les normes, aux mesures de sécurité… On a aussi choisi ensemble les systèmes de ventilation afin que ce soit à la fois facile d’accès et d’utilisation, même quand je ne suis pas sur place. Ce qui arrive souvent puisque j’habite à 60km de l’exploitation.

Et puis, il y a tout le suivi. C’est précieux ! L’équipe VIVESCIA est encore passée la semaine dernière pour vérifier le système de ventilation et s’assurer que les nouvelles installations étaient bien calibrées par rapport à mes besoins. On a discuté et je pense que je vais encore une fois suivre leurs conseils : automatiser la ventilation pour pouvoir la démarrer à distance. Même si c’est très simple à mettre en route, cela m’ennuie de solliciter mon père ou mon cousin quand je ne suis pas sur place.

Jeremy
Jeremy, agriculteur dans la Marne

Le stockage à la ferme des grains :

On gagne du temps !

C’est une exploitation agricole, située à l’écart du village sans voisinage proche. Autrefois, on pratiquait le stockage des grains à la ferme dans les bâtiments. On a arrêté il y a 7 ans. La méthode nous prenait trop de temps et les bâtiments n’étaient plus adaptés. Le nouveau bâtiment, conçu pour être plus fonctionnel et adapté à une agriculture moderne nous permettra d’optimiser le temps au moment des moissons. La suppression des livraisons au silo dégagera le temps passé sur la route et ramènera à zéro les risques liés à la circulation.

Entre les panneaux photovoltaïques et les primes de stockage VIVESCIA, la rentabilité à terme sera au rendez-vous. Le nouveau bâtiment que nous avons décidé de construire fait 1200 m². Il comporte 6 travées de stockage de 6m de large sur 18 m de long chacune. Le volume restant sera utilisé pour ranger du matériel et libérer de l’espace à l’intérieur de la ferme. On a aussi choisi d’installer des panneaux photovoltaïques sur le toit pour amortir les coûts. Le prix d’achat de l’électricité produite n’est plus aussi attractif qu’il y a quelques années. Mais avec les primes de stockage de longue durée de VIVESCIA, sur 20 ans, c’est économiquement rentable. Un partenariat de stockage avec des agriculteurs voisins peut même être envisageable.

Ça donne aussi de la valeur à l’exploitation ! C’est une opportunité supplémentaire qui s’ajoute aux travaux déjà entrepris pour valoriser l’exploitation et répondre au mieux à un engagement profond dans l’agriculture moderne plus respectueuse de l’environnement.

Cédric
Cédric, Chef de culture dans la Marne

Pour moi, les avantages sont clairs, sur le plan économique comme sur le plan pratique !

Nous sommes 5 agriculteurs à avoir mis en commun une partie du matériel agricole, et 3 d’entre nous ont choisi le stockage de céréales à la ferme. Je peux accueillir, facilement et quand je veux, la récolte faite avec la très grosse moissonneuse batteuse que nous avons achetée ensemble. Quand le hangar est vide, je peux y abriter une partie de matériel agricole et désengorger ainsi les autres hangars.

Et on poursuit les améliorations

J’ai construit le bâtiment en 2016. Comme pour mon poulailler, j’ai installé des panneaux photovoltaïques sur le toit. Avec les primes VIVESCIA, cela me permet d’amortir l’investissement. Aujourd’hui, avec les conseillers de la coopérative, on réfléchit à la mise en place d’un pont bascule pour peser les grains et pouvoir livrer directement aux clients. Pour autant, je continue d’aller au silo. C’est un lieu sympa, où l’on rencontre les collègues, on discute. Il y a aussi des réunions techniques. Dans ma famille, on est agriculteurs coopératifs depuis 3 générations. Nos grands-parents ont fait un superbe outil avec VIVESCIA. J’y suis attaché. Mais cela n’empêche pas d’évoluer !

Frédéric
Frédéric, agriculteur éleveur dans la Marne 

J’ai sauté le pas plus vite que prévu et j’en suis très content ! 

J’ai repris l’exploitation agricole de ma mère il y a 2 ans. Depuis le début, j’avais prévu de stocker ma récolte de céréales à la ferme car c’est un vrai confort au moment des moissons : quelle que soit l’heure à laquelle je rentre des champs, je peux décharger et repartir directement pour continuer à récolter si la météo est favorable. C’est précieux, car souvent, il faut faire vite ! Le temps de livrer au silo, c’est du temps perdu ! Et souvent, les horaires d’ouverture ne correspondent pas à mon rythme. Là, j’ai moins de trajet et c’est toujours ouvert. C’est beaucoup plus souple !

Je voulais attendre avant d’investir dans le stockage à la ferme

Comme je démarrais, j’avais pas mal de dépenses. Le technicien de VIVESCIA m’a vraiment bien accompagné dans cette démarche. Sur l’exploitation, j’avais un ancien bâtiment pour les bêtes dont je ne me servais plus car on a abandonné l’élevage de vaches il y a plusieurs années déjà. On a réfléchi ensemble sur la manière de l’aménager, l’orientation des bacs, le système de ventilation… Je voulais que ce soit pratique, facile à utiliser. Et pas trop cher !

Ensemble avec le technico-commercial de VIVESCIA, on a trouvé les bonnes solutions. Par exemple, il m’a encouragé à installer des gaines de ventilation dans le sol, ce qui moins fragile, plus efficace et plus durable. Le moteur est par devant, facile d’accès : j’ai juste à appuyer sur le bouton et c’est parti ! Là, j’ai un dispositif qui durera plusieurs décennies. Et quand j’ai parlé de cet investissement à ma banque, elle a suivi sans problème !


Arnaud, exploitant dans les Ardennes