Rencontre avec Hugo Collard, agriculteur-coopérateur dans la Marne
« Il y a trois ans, nous avons démarré avec mon associé la culture du chanvre, une plante dont l’intérêt agronomique est important », explique Hugo, qui a repris la ferme familiale en 2020. « Or, celle-ci nécessite d’être stockée durant 18 mois dans un espace aéré, poursuit-il, et nous préférons réserver nos espaces de stockage existants aux céréales destinées à la Coopérative. Aussi, nous avons donc décidé de construire ce hangar de 1 400 m2, ouvert sur les côtés, pour y stocker notre chanvre été comme hiver. ». Pour le financer, Hugo a pu compter sur des subventions de l’Europe et de l’agence régionale de l’eau, « car le chanvre est une culture bas intrants, ce qui préserve les nappes phréatiques ». L’idée d’installer des panneaux photovoltaïques sur le toit vient assez vite. « La production d’énergie verte à hauteur de 300 kilowatts-crête rendait le projet intéressant financièrement », ajoute Hugo. Autre projet en cours : l’installation d’ombrières sur les deux hectares de terrain réservés à son élevage de poulets Label Rouge. « Ces structures métalliques, installées à 1,80 mètre du sol et équipées de panneaux photovoltaïques, produiront de l’énergie verte et offriront de l’ombre aux poulets, qui ont tendance à se regrouper sous les arbres lors des grosses chaleurs ou pour échapper aux prédateurs », explique Hugo.
"La production d’énergie verte rendait le projet de construction du hangar de stockage des céréales financièrement intéressant."Hugo Collard
En tout, 600 kilowatts-crête qui assureront un revenu stable sur 20 ans et amélioreront sensiblement la rentabilité de son élevage une fois le remboursement du prêt de 15 ans. Le projet, initié il y a quatre ans, déjà, n’a pas encore vu le jour car « la technologie est plus récente et peu de sociétés savent réaliser des ombrières ; il y a peut-être dix projets en France… ». Même si ces installations nécessiteront peu ou pas de travail supplémentaire à l’usage, ce sont toutefois des montages complexes et des investissements lourds, pas toujours subventionnés.
Hugo prévient : « Il faut faire des business plans. Ensuite, il y a les autorisations d’urbanisme plus ou moins compliquées à obtenir selon les zones où l’on se trouve, les problématiques d’assurance… C’est clairement un des plus gros investissements en temps et en argent que nous pouvons faire sur une exploitation comme la nôtre ». Un conseil à donner à ceux qui voudraient se lancer ? Hugo souligne qu’il faut « s’entourer de personnes expertes, se faire aider par des centres de gestion et ne pas hésiter à passer des coups de fil et à poser des questions à ceux qui savent… car plonger dans le monde de l’électricité, ce n’est pas facile pour nous, agriculteurs ».
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