Agriculture durable et Big Data : même combat ?

OAD / OAP

L’agriculture du futur sera aussi digitale. Car l’innovation numérique contribue à l’agriculture durable. Depuis une décennie, l'agriculture s'est très fortement digitalisée. Reste à comprendre pourquoi et comment les nouvelles technologies permettent de produire plus et mieux…

Tout le monde parle du « Big data ». En quoi l’agriculture est-elle concernée ?

Les technologies qui accompagnent l’agriculteur aujourd’hui suscitent un énorme volume d’informations valorisables. Ces données peuvent être collectées et utilisées pour améliorer les pratiques agricoles. Avant l’émergence du Big Data, on ne savait pas agréger ces données en provenance de sources très variées. Le Big Data permet d’en extraire des analyses pertinentes et leur donner du sens pour mieux accompagner les agriculteurs dans leur activité. Et la révolution Big Data ne fait que commencer !

Quelles sont ces données et d’où viennent-elles ?

Depuis une vingtaine d’années, les agriculteurs utilisent différents capteurs, outils GPS, données satellitaires et des outils d’aide à la décision (OAD) pour gérer la production de leurs parcelles. Cette masse importante d’informations ne cesse de croître et se conjugue  avec le déploiement de technologies connectées dans les champs, associées aux matériels agricoles, aux données météorologiques de plus en plus précises et aux données issues des satellites.   

Les agriculteurs sont donc très technophiles !

Absolument. Au cours des dernières années, l’adoption de ces nouvelles technologies a été rapide, avec d’abord la connexion sur des données utiles d’intérêt général telles que les prévisions météo, données géophysiques satellitaires, ou les prix des matières premières fluctuant comme la bourse. Aujourd’hui, le GPS précis au mètre près permet certes de ne pas repasser deux fois au même endroit, mais surtout de faire du vrai « sur-mesure » pour suivre finement les rendements de chaque parcelle, piloter les équipements, et in fine, d’augmenter la productivité et la profitabilité. Comme les voitures intelligentes, les robots arrivent dans les champs pour désherber les cultures de manière autonome et durable.

Concrètement, en quoi ces données sont-elles utiles aux agriculteurs ?

Les OAD s’appuient sur des algorithmes qui intègrent un grand nombre d’inputs en matière de données. Les calculs, que seul un ordinateur peut traiter, se fondent par exemple sur l’intégration des données climatiques, sur le mode de développement des bio-agresseurs, les seuils de nuisibilité. Les règles de décision vont également dépendre de l’historique de la parcelle, du précédent cultural ou encore du type de sol. Une fois agrégées, les données multiples issues de l’ensemble des exploitations agricoles à l’échelle d’une zone géographique enrichissent la qualité des modèles et ouvrent la voie à de nombreuses applications et de nouveaux services.

Et en quoi le Big Data contribue-t-il à faire progresser l’agriculture durable ?

Les OAD qui intègrent ces données sont de plus en plus précis et de plus en plus fiables. En analysant de plus en plus finement l’ensemble des données qui caractérisent le cycle de production des grains, l’approche « Big Data » aide les agriculteurs à développer une agriculture plus écoresponsable, mais aussi plus productive parce que mieux optimisée : les intrants et les traitements ne sont utilisés que si c’est nécessaire, et sont calibrés au plus juste. Ce qui permet aussi de réduire leurs coûts et donc améliorer les revenus de l’exploitant. C’est le cas par exemple pour l’agriculture de précision.

Qu’est-ce que l’agriculture de précision ?

L’agriculture de précision, c’est mettre le bon intrant, au bon moment et au bon endroit car un champ est rarement homogène. Elle s’appuie sur des outils d’aide à la décision (OAD), comme les images satellitaires par exemple, qui repèrent les caractéristiques de toute la parcelle, ses déficits éventuels (eau, azote, protection…) afin de savoir s’il faut amener des nutriments à la plante, où, quand, et avec quel dosage. C’est une source d’économie pour les agriculteurs qui utilisent ainsi moins d’intrants. Et c’est aussi particulièrement précieux à l’heure où il leur est demandé de produire plus en utilisant moins de ressources, tandis que les consommateurs demandent une nourriture de qualité, bonne pour la santé et traçable.

On parle aussi de plus en plus d’agriculture connectée. Qu’est-ce c’est ?

Pour faire simple, l’agriculture connectée, c’est l’ensemble des technologies et services digitaux nécessaires au pilotage d’une exploitation agricole. Aujourd’hui, bon nombre de systèmes se connectent entre eux grâce à des API (Application Programming Interface ou Interface de programmation applicative). Les faire interagir entre eux, injecter des données récoltées d’un système dans un autre, permet de générer de nouvelles données et d’obtenir de nouveaux services. Demain, on peut imaginer que les objets connectés (« Internet des objets ») seront encore plus nombreux, ouvrant ainsi vers des pratiques toujours mieux optimisées, et donc durables.

VIVESCIA n’est pas concepteur d’OAD ni spécialiste du Big Data. Qu’apportez-vous aux agriculteurs ?

Tout d’abord, nous leur donnons accès à différents outils comme Farmstar, Atlas, … Face à l’offre relativement abondante d’outils et de solutions disponibles sur le marché, nos équipes testent et référencent des solutions qui permettent d’optimiser le revenu de l’agriculteur. Parce que nous connaissons bien les exploitations de chaque adhérent et parce que nous assurons une veille technologique nous pouvons orienter chacun vers les outils qui conviennent le mieux à ses besoins.

L’objectif est de proposer des solutions innovantes, mais aussi éprouvées et personnalisées ?

Oui. L’idée est aussi de leur éviter d’acheter une technologie qui sera redondante, ou vite obsolète, ou encore à faible valeur ajoutée. Si nécessaire, nous les accompagnons aussi dans leurs usages pour qu’ils en fassent la meilleure utilisation possible. Aujourd’hui, le digital est omniprésent et incontournable. Fort de notre expérience et de notre connaissance des multiples pratiques des agriculteurs sur le territoire VIVESCIA, nous travaillons aussi à la conception de différents outils pour produire plus et mieux. Affaire à suivre…